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L'Élégance du hérisson, Muriel Barbéry, texte littéraire

  • Photo du rédacteur: Julien Bonnaire
    Julien Bonnaire
  • 1 juil. 2024
  • 1 min de lecture



Je m'appelle Renée. J'ai cinquante-quatre ans. Depuis ving-sept ans, je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un bel hôtel particulier avec cour et jardin intérieurs, scindé en huit appartements de grand luxe, tous habités, tous gigantesques. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et. à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Je n'ai pas fait d'études, ai toujours été pauvre, discrète et insignifiante. Je vis seule avec mon chat, un gros matou paresseux, qui n'a pour particularité notable que de sentir mauvais des pattes lorsqu'il est contrarié. Lui comme moi ne faisons guère d'efforts pour nous intégrer à la ronde de nos semblables. Comme je suis rarement aimable, quoique toujours polie, on ne m'aime pas mais on me tolère tout de même [...).


Il est dit que les concierges regardent interminablement la télévision pendant que leurs gros chats sommeillent. [...) Chaque jour, je vais chez le boucher acheter une tranche de jambon ou de foie de veau, que je coince dans mon cabat à filet entre le paquet de nouilles et la botte de carottes.


(De Muriel Barbéry, L'Élégance du hérisson, Gallimard, 2006, p. 15-16)



Traduction proposée

My name is Renée. I am fifty-four (years old). For twenty-seven years i have been the concierge1 at number 7, rue de Grennelle2 in an handsome hotel particulier3 with interior courtyard gardens, divided into eight luxurious flats, all of them are occupied, and all of them are huge. I am a widow. I am short4, ugly and plump. I have bunions on my feet and - if I am to give some credit to certain mornings on which my own oder bothers me - the foul breath of a mammoth I am not educated, I have always been poor, discreet and insignificant. I live on my own with my cat, a fat lazy tom who has no particularity other than having smelly paws when he is upset. Neither he nor I make much effort to bond with the social circle of our respective peers. As I am seldom nice to people but remain polite to people all the same, nobody likes me but they bear with me nonetheless.


Concierge are said to spend their time watching television interminably while their big cat doze. Every single day I betake myself to5 the butcher's (shop) to buy a slice of ham or of calf's liver that I studd into my net bag between the packet of noodles and the bunch of carrots.

Annotations

1 : utiliser la version française pour gardé la connotation française, pas d'équivalent anglais)

2 : ne pas traduire les rues.

3 : ou 'private mansion' si on décide que l'hotel se trouve dans une ville.

4 : 'little' n'est pas possible ici.

5 : to batake oneself to = to go to (emploi littéraire)


Traduction proposée par Julien B.

 
 
 

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