L'étranger, Charles Baudelaire, poème
- Julien Bonnaire
- 1 juil. 2024
- 1 min de lecture

L’étranger
— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !
(L'étranger, Le spleen de Paris, Charles Baudelaire)
Traduction proposée
The stranger
-- Tell me egnematic man, who do you love most? Your father, your mother, your sister, your brother?
-- I have no father, no mother, no sister and no brother.
-- Your friends?
-- You are using a word that the meaning has remained unknown to me.
-- Your homeland?
-- I don't know what latitude it lies in.
Beauty?
-- I would gladly love it, as a goddess and immortal woman.
-- Gold?
-- I hate it as you hate God.
-- Eh! What do you love then, amazing stranger?
-- I love the clouds...the clouds that pass...there...up there...the marvelous clouds.
Traduction proposée par JulienB.



Commentaires