L'Étranger, Charles Baudelaire, poème
- Julien Bonnaire
- 2 juil. 2024
- 1 min de lecture

L’étranger
— Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
— Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
— Tes amis ?
— Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
— Ta patrie ?
— J’ignore sous quelle latitude elle est située.
— La beauté ?
— Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
— L’or ?
— Je le hais comme vous haïssez Dieu.
— Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
— J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !
(L'étranger, Le spleen de Paris, Charles Baudelaire)
Traduction proposée
Der Fremder
Wen lieben Sie am meisten, rätselhafter Mann, sagen Sie? Ihren Vater, Ihre Mutter, Ihre Schwester oder Ihren Bruder?
Ich habe keinen Vater, Mutter, Schwester oder Bruder.
Ihre Freunde?
Sie verwenden ein Wort, dessen Bedeutung mir bis jetzt unbekannt geblieben ist.
Ihr Land?
Ich weiß nicht, unter welchem Breitengrad es sich befindet.
Schönheit?
Ich würde sie lieben, Göttin und unsterblich.
Gold?
Ich hasse es, wie Sie Gott hassen.
Was liebst du denn, du außergewöhnlicher Fremder?
Ich liebe die Wolken… die Wolken, die vorbeiziehen… da drüben… da drüben… die wunderbaren Wolken!
Traduction proposée par JulienB.



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