Les toits, Deux secondes d'air qui brûle, Diaty Diallo
- Julien Bonnaire
- 14 nov. 2023
- 4 min de lecture

Les toits
Die Dächer
Je sens mes veines battre sous ma peau. Mon t-shirt est trempé, mon cœur vibre calmement. Je n’ai plus de force dans les membres. Je reste un instant, comme ça, les bras le long du corps, debout. Seule ma poitrine, en se soulevant régulièrement, imprime un mouvement, des minivagues, sur mon corps égaré.
Ich spüre meine Adern unter meiner Haut schlagen. Mein T-Shirt ist nass, mein Herz rüttelt ruhig. Ich habe keine Kraft mehr in den Gliedern. Ich bleibe einen Moment lang so stehen, die Arme am Köper. Nur meine Brust ist in Bewegung, hebt regelmäßig sich, Miniwellen auf meinen verirrten Körper.
Autour de moi, plus personne sur la place quand je rouvre les yeux – que je ne me souviens même pas d’avoir fermés. Plus une ombre, plus une danseuse. Chacun dans son foyer. Les enfants qui se sont éteints, à peine allongés, sur les canapés des salons, entortillés dans des tissus qui leur tiennent trop chaud.
Niemand ist mehr auf dem Platze um mich herum, als ich die Augen aufmache – ich erinnere mich gar nicht, sie geschlossen zu haben. Kein Schatten, keine Tänzerin mehr. Alle zu Hause. Die Kinder, die eingeschlafen sind, kaum langezogen auf den Sofas in den Wohnzimmer, zwischen Stoffen, die sie zu warm halten.
Les darons, café fumant dans un mug et dans leurs dos, bouillie de mil qui bulle ou omelette qui crépite sur le feu, leur main supporte leur tête fatiguée – aux paupières mi-closes – tournée vers le dehors par la fenêtre ouverte.
Die Väter, die dampfenden Kaffee in einer Tasse und in ihrem Rücken, kochenden Hirsebrei oder knisterndes Omelett auf dem Herd, ihre Hand stütz den müden Kopf – mit halb geschlossenen Augenlidern, der durch das offene Fenster nach draußen gewandt ist.
Les ados derrière, les bras se terminant dans des paquets de céréales qu’ils fouillent à la recherche des meilleurs pétales ou portable chargé dans la main, doigts qui tapotent fort l’écran à raconter leur vida à des potes qu’ils viennent juste de quitter, entrailles sautillantes, l’habituelle petite aura hystérique autour d’eux.
Dahinter die Jugendlichen, die Arme in den Cornflakes-Packungen auf der Suche nach den besten Flocken oder die aufgeladene Telefon in der Hand, die Finger klopfen auf den Bildschirm, erzählen ihr Vida den Freunden, mit denen sie gerade Abschied genommen haben, hüpfende Innerrein, die gewöhnliche kleine Aura um sie herum.
C’est comme ça que je m’imagine les gens, les voisines, tout juste rentrés après la danse, oscillant entre l’envie de dormir jusqu’à midi et celle d’assister à l’after. Je récupère mes sacs derrière le buisson, hisse les anses sur mes épaules. Je récupère Nil aussi, lui-même en grande transpi. Durant le set d’Hawa, sur l’estrade qui entoure la pyramide, il a délivré une sélection des meilleurs enchaînements chorégraphiques de son cru.
So stelle ich mir die Leute vor, die Nachbarinnen, die gerade vom Nachtclubtanz nach Hause gekommen sind und zwischen dem Wunsch bis zum Mittag zu schlafen, und dem, die Afterhour beizuwohnen, schwanken. Ich hole meine Taschen hinter dem Busch hervor und hänge mir die Henkel auf die Schultern. Ich hole auch Nil ab, der selbst stark schwitzt. Während Hawas Set auf dem Podest rund um die Pyramide, zeigte er eine Auswahl seiner besten Choreografen.
Je le regarde en silence, lui fais un clin d’œil et un signe de tête presque imperceptible vers les toits des bâtiments. Vus d’ici, les immeubles qui bordent la place sur ses quatre côtés forment une skyline un peu miteuse. Une trentaine de mètres nous séparent de la tour dans laquelle j’ai grandi.
Ich schaue ihn schweigend an, zwinkere ihm zu und mache eine fast unmerkliche Bewegung mit dem Kopf in Richtung der Dächer der Gebäude. Von hier aus gesehen, bilden die Gebäude, die den Platz an allen vier Seiten umgeben, eine etwas schäbige Skyline. Rund dreißig Meter trennen uns von dem Hochhaus, in dem ich aufgewachsen bin.
Arrivé en bas, je sors mon badge et pousse la première porte vitrée. On entre dans un sas où sont dis- posées plus d’une centaine de boîtes aux lettres avec des blases parfois tellement longs qu’ils ne rentrent pas sur les étiquettes. La deuxième porte donne sur un hall et une loge plongée dans le noir que je ne me souviens pas avoir vu occupée un jour – et pourtant les poubelles ne se sortent pas toutes seules. En passant devant, Nil dit bonjour à la gardienne – comme il saluerait son grand – sans qu’il ait même besoin qu’elle existe.
Unten angekommen, ziehe ich meinen Ausweis heraus und öffne die erste Glastür. Wir betreten eine Schleuse, in der über hundert Briefkästen mit teilweise so langen Namen stehen, dass sie nicht auf die Schildern passen. Die zweite Tür führt zu einer Halle und einer abgedunkelten Kabuff, das ich mich nicht daran erinnern kann, dass sie jemals besetzt war, obwohl die Mülltonnen nicht von selbst herausgebracht werden. Im Vorbeigehen grüßt Nil die Hauswarterin – als ob er seinen großen Sohn grüßt -, ohne dass er ihre Existenz überhaupt braucht.
Traduction réalisée par Julien B. lors d'un séminaire d'études en Allemange de traduction de la litérature moderne française vers l'allemand



Commentaires