Aux portes de la Sorbonne : mon premier semestre de master en traduction
- Julien Bonnaire
- 6 août 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 7 août 2025
- Mars 2025, Julien Bonnaire
Après avoir obtenu ma licence d’anglais et d’allemand entre la France et l’Allemagne, j’ai ressenti le besoin de relever un nouveau défi. C’est ainsi que j’ai choisi de poursuivre un master à Paris, à la Sorbonne, ce lieu prestigieux où ont étudié tant de grands esprits, de Victor Hugo à Simone de Beauvoir.
Ce master en traduction constitue une formation d’exception, à la croisée de la traduction littéraire et de la traduction spécialisée, fruit d’une coopération entre Sorbonne Université et l’Université de Heidelberg en Allemagne, dans le cadre de l’alliance 4EU+. Cette alliance réunit huit établissements prestigieux à travers l’Europe : l’Université Charles de Prague, l’Université de Heidelberg, l’Université Paris-Panthéon-Assas, Sorbonne Université, l’Université de Copenhague, l’Université de Genève, l’Université de Milan et l’Université de Varsovie.
Cette formation repose sur une immersion académique dans deux pays : j’ai effectué le premier semestre de ma première année de master à Paris, à la Sorbonne, et je m’apprête à passer le second semestre à l’Université de Heidelberg, au sein de son institut de traduction et d’interprétation.

Durant mon semestre à Paris, j’ai pu m’immerger pleinement dans la vie de la capitale et découvrir les lieux emblématiques qui font de la Sorbonne un établissement chargé d’histoire et de prestige. La Sorbonne, fondée au XIIIᵉ siècle par Robert de Sorbon, chapelain du roi Louis IX, est l’un des plus anciens et prestigieux centres universitaires d’Europe. À l’origine, il s’agissait d’un collège de théologie destiné aux étudiants pauvres, rapidement intégré à l’Université de Paris, qui devient un haut lieu de savoir médiéval. Au fil des siècles, ses salles voûtées ont vu défiler cardinaux, philosophes et écrivains. Ses pierres, patinées par le temps, portent en elles le murmure des grandes controverses théologiques du Moyen Âge, l’effervescence des Lumières et l’audace des esprits modernes. Aujourd’hui, elle demeure un symbole de l’excellence intellectuelle française, accueillant chercheurs et étudiants du monde entier

Mon campus était celui de Malesherbes, niché dans le 17e arrondissement, mais j’ai également eu l’occasion de parcourir les salles historiques de la Sorbonne, où résonnent encore les noms de ceux qui y ont étudié, de Victor Hugo à Paul Valéry.
Sur le plan académique, ce semestre a été particulièrement riche et stimulant. J’ai eu le privilège de suivre les cours de figures reconnues dans le monde de la traduction : la traductrice officielle de Thomas Mann, lauréate de nombreux prix pour sa traduction française de La Montagne magique ; un professeur spécialiste de Kafka, dont il a traduit plusieurs œuvres ; une professeure et traductrice travaillant pour le ministère de la Culture, ou encore une germaniste major de promotion de l’ENS. Chacune de ces rencontres m’a permis de mieux comprendre l’exigence, la subtilité et la créativité qui président à l’art de la traduction et de la linguistique en général.
Les enseignements suivis couvraient un spectre large : traductologie, traduction littéraire, linguistique, rédaction universitaire, histoire de la traduction et de la langue, anglais, allemand médiéval, entre autres. Cette diversité m’a permis d’acquérir une solide culture en traductologie et en littérature, mais aussi une conscience historique de la discipline. J’ai ainsi parcouru l’histoire de la traduction, de la Pierre de Rosette au Saint patron des traducteurs, Jérôme de Stridon, en passant par Martin Luther, Schleiermacher ou Novalis.
Par ailleurs, l’étude comparative de traductions littéraires m’a initiée aux mécanismes subtils de transposition culturelle, tandis que les cours de linguistique m’ont permis de comprendre l’évolution et la structure des langues, ainsi que leur appartenance aux différentes familles linguistiques. Enfin, une introduction à la recherche m’a préparée à la rédaction de mon futur mémoire de master, que je débuterai en deuxième année.

En parallèle, ce semestre a été rythmé par de nombreux événements culturels à Paris : rencontre avec une écrivaine autrichienne au Centre culturel autrichien, atelier de traduction des œuvres de Kafka à l’Institut Goethe, ou encore visites de grandes bibliothèques parisiennes telles que la Bibliothèque Inter-Universitaire de la Sorbonne, la Bibliothèque Sainte-Geneviève et la BnF.
Lors de cours d’atelier de traduction, nous avons également traduit un roman de l’écrivaine autrichienne Laura Freudenthaler, Arson, que nous avons eu l’occasion de rencontrer.
Ce premier semestre m’a confortée dans ma conviction que la traduction est bien plus qu’un passage d’une langue à une autre : c’est un art de la nuance et de la transmission culturelle, un pont entre les imaginaires des peuples.

Aujourd’hui, après avoir validé ce premier semestre à la Sorbonne, je me prépare à vivre le second volet de cette aventure académique à l’Université de Heidelberg, plus vieille Université d’Allemagne, où je pourrai approfondir mes compétences dans un environnement germanophone d’excellence et renforcer encore mon expérience à l’international.


Commentaires